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Les Pintades à Téhéran

Voici une excellente lecture pour ceux qui rêvent de s’expatrier à Téhéran, on ne sait jamais, ça peut arriver. D’autant plus qu’en ce moment la prime d’expat doit être grassouillette.

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Blagues à part, ce livre est excellent, on y découvre la vie secrète et tout à fait inattendue des téhéranaises, championnes du maternage à outrance envers les êtres masculins de leur famille,  je vois les yeux des hommes qui brillent, femmes sexy à souhait, no comment, tout en étant des blogueuses averties… Finalement je suis peut être d’origine iranienne !

Pour tout savoir sur les Pintades, http://www.lespintades.com/

On fait finalement tous partie de la même tribu…

Et les blogs sont tout de même un excellent outil pour s’en rendre compte. Ainsi, Philippe, la plume de « Non mais sans blog » m’a envoyée ce petit commentaire sur mon mail, que je ne peux m’empêcher de reproduire .

« Sympa ton compte-rendu de galère estivale. Je me suis reconnu (en fait ce sont surtout les épouses qui dégustent, les mecs ont surtout à mettre et démettre les bagages du coffre ! ). Il y a quelques années, j’avais écris une chronique dans la feuille expat’ locale (Houston Accueil) que tu trouveras « hereattached »

Amicalement

Philippe »

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Même si cet article, reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur, merci Philippe, a été écrit en 2003, je sais que beaucoup devrait s’y reconnaître, ce qui me fait dire que les expatriés, quelque soit leur nationalité, forment une race à part, ils beaux, intelligents , sympas, drôles, amicaux, délicieux, adaptables, sportifs (pas moi), aventuriers, bosseurs (pas moi non plus), fiables (ouh là là !!), et j’en passe. J’arrête là, on pourrait me taxer de subjectivité…

La question suivante est, garde t-on toutes ces belles qualités lorsque l’on rentre au pays ?

Se mettre au vert …

Tout expatrié qui se respecte part se mettre au vert de temps en temps, respirer l’air de sa terre natale. Il est accueilli à bras ouverts par la famille, impatiente, qui n’attend que lui depuis 6 mois voire souvent 1 an.

L’expat de base, me direz-vous, ayant lui même un rythme soutenu durant l’année, s’apprête à profiter sereinement de ce moment de pause. Pensez-vous, il n’en est rien.

Premier point, ceux qui sont restés et qui nous attendent gentiment à Roissy, imaginent souvent que vivre à l’étranger signifie ne rien faire, voyager dans des hôtels de rêve, profiter de la plage, et avoir les doigts de pieds en éventail.

La réalité est tout autre,  car, les entreprises l’ont bien compris, on envoie travailler à l’étranger les plus mobiles et les plus adaptables. Un expatrié se doit donc d’être disponible à tout heure, locale et française, pour rester en relation avec son siège. Point de RTT, bienvenue aux 70h de travail par semaine… Son blackberry est toujours branché, et son téléphone portable jamais déchargé. Fini le temps des colonies !

Nos amis et famille restés aux pays nous attendent donc de pied ferme et aiment que nous venions les voir le plus longtemps possible et le plus souvent possible. Après tout, nous avons fait 10 000 km, 500 de plus ou de moins ne sont rien pour les nomades que nous sommes.

En conséquence, il faut  planifier habillement notre emploi du temps, à la manière  d’un chef d’établissement à la veille de la rentrée des classes : 8 jours dans la famille, 8 jours dans la belle-famille, 1000 km de route, puis un périple itinérant pour voir les neveux, nièces, cousins et amis, soit 1000 km de plus puis une pause bien méritée chez soi, si on a la chance d’avoir un pied à terre en France, où nos plus chers amis et les amis de nos enfants s’invitent de façon impromptue mais toujours si plaisante…

En conclusion : 90 couverts dressés en 1 mois,  l’expatrié en vacances se transforme en animateur, restaurateur, et chauffeur et revient chez lui plus épuisé qu’avant son départ. L’année prochaine, soit il rentrera incognito, soit il sera très malade d’une grippe H1N1, au moins c’est crédible, soit il sera submergé de travail et ne pourra pas officiellement prendre de vacances.

Ok, tout cela est un peu exagéré, mais je ne serais pas étonnée que certains d’entre vous se retrouvent dans ce tableau …

Comment fidéliser sa clientèle ?

En faisant mes courses estivales sur Internet,  je me suis rendue compte du décalage voire du fossé de civilisation entre l’Orient et l’Occident pour fidéliser les gentils consommateurs que nous sommes tous.

La saga de mes achats en ligne a en réalité commencé il y a environ deux ans. Séduite par un charmant soutien-gorge sur le site de La Redoute, je décidais, il y a près d’un an, de profiter de mes 40% de réduction attribués après une grosse commande faite il y a un an et demi, commande passée en période de grosses soldes très alléchantes. Vous me suivez ?  Après réception du colis,  plusieurs essais, retenue de la respiration et contorsions du buste, la réalité s’imposa à mon esprit déçu : ce petit soutien gorge froufroutant était bien trop petit. Je renvoyais donc le paquet, et La Redoute me remboursa sous forme d’un bon d’achat de 6 euros. Heureusement pour mon porte monnaie et grâce à un éloignement de 10000 km du périmètre de livraison de La Redoute, ma frénésie consommatrice stoppa net, juste pour un an. Pause dans la saga.

Un an plus tard, retour estival en France et reconnection sur le site de La Redoute. Mon bon d’achat de 6 euros était à utiliser avant hier soir. Délaissant mon blog, je m’attelai donc à la délicate tâche suivante : comment acheter un article à 6 euros ? Après 2 heures d’errance sur le web, je finis par dépenser mes 6 euros, en achetant un joli pull over à 4 euros  en super solde, article totalement inutile à Singapour et craquais pour quelques broutilles, histoire de justifier les frais de livraison de 7 euros.  Total : 60 euros, juste en quelques clics de souris … Conclusion : en 2 ans je me retrouve avec un placard plein de pull over, pantalons, imperméables et une collection de maillots de bain. Je vais devoir m’acheter une nouvelle armoire pour ranger tout cela sur Ikéa.com

A Singapour, pas de site comparable à La Redoute, mais les processus de séduction du consommateur sont tout aussi efficaces, surtout dans les restaurants. Il est fréquent de disposer dans son sac à main, lequel doit être suffisamment large, d’une panoplie de cartes de crédit à utiliser en fonction de la situation. DBS vous offre deux salades pour le prix d’une entre 18h et 20h, puis, si vous êtes une fille, vous pouvez boire gratuitement à condition que votre compagnon paie en American Express, et enfin on vous offre une profiterole si vous payez avec une Mastercard. En un repas, le serveur devient fou, il vous a apporté 3 fois sa machine et vous avez passé la soirée à demander l’addition. Heureusement que l’on signe les facturettes, cela évite de s’emmêler les méninges dans les codes des différentes cartes de crédit !!!

Mais finalement, vous vous retrouvez gagnant car chaque paiement vous rapporte des points de fidélité ou des bons d’achat à dépenser chez Métro, les Galeries Lafayettes locales, bons d’achats valables uniquement au rayon bébé, ou dans un institut de beauté, dans lequel on vous épilera gratuitement 1/10 ème de jambes. Conclusion, pour une soirée au restaurant, on se retrouve avec un chauffe biberon et 9/10ème de jambes poilues.

Finalement nos amis du marketing qu’ils soient à l’est ou à l’ouest, parviennent brillamment au même résultat: vous délester de vos derniers dollars. Seule l’Afrique résiste encore un peu à l’envahissement du marketing : en Guinée,  pas de stratégie aussi élaborée, on dépense de façon plus directe, en payant tout en liquide et de toute façon il n’y a qu’une épicerie et aucune étiquette dans les boutiques. Là-bas, seuls les mendiants et quelques officiels fidélisent leur clientèle, et se partagent le marché …. Autre monde, autres moeurs ?

Que pourrais-je bien offrir à mes fidèles lecteurs ?