Les tartines par date

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Passer sa retraite à Singapour

A l’heure du débat sur l’âge du départ à la retraite en France, je ne peux m’empêcher de vous soumettre ce petit cliché qui laisse non pas rêveur mais perplexe.

Le brave monsieur à gauche a gagné la médaille du meilleur homme de ménage de l’immeuble. Si l’on voit déjà bien qu’il a un certain âge, je peux vous assurer qu’il est toujours en excellente condition et je le vois balayer avec un grand sourire et très consciencieusement la cour du centre médical dans lequel j’ai l’habitude de me rendre.  Finalement il a l’air en bien meilleure forme que moi. Chaque fois que je le vois, il me sourit des yeux, et je lui ai donc décerné la médaille de Zénitude Attitude de Singapour. Notre bonhomme appuie donc la thèse du « travail, c’est la santé » et je ne suis pas sûre qu’il serait moins heureux seul devant son poste de télévision à remâcher sa vieillesse. En tout cas, ça donne matière à réfléchir sur nos régimes spéciaux de retraite à 55 ans pour cause de pénibilité du travail passé … J’arrête là, sinon je vais politiser ce petit blog…

Trois conseils pour rentrer chez soi

Petite vidéo d’un professeur à l’ESSEC qui nous parle de la difficulté du retour des expatriés.


3 conseils pour … réussir son retour d'expatrié
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Donc pour résumer, pour tout ceux qui sont sur le départ en ce moment et il y en a beaucoup à l’approche de la fin de l’année scolaire, il faut respecter les 3 points suivants :

– « Garder le contact avec le siège » : au moins si vous rentrez, on suppose que déjà le siège connaît votre nom, et à mon avis les expatriés qui viennent de rentrer sont vite repérables : ils ont l’air ahuri du cadre réintégrant sa grande tour de La Défense, cherchant désespérant la petite terrasse sympa pour aller déjeuner avec des potes et finissant à la machine à café pour retrouver un peu de chaleur humaine.

– « Se préparer au contre choc culturel » :  je veux bien le croire, et je me dis que si un jour je rentre, je ferai connaissance dans la rue avec tous les singapouriens que je rencontrerai, comme ça, juste pour rire, et surtout pour limiter ce fameux choc. En gros il faudra que je passe mes journées entre la Tour Eiffel, Le Louvre et Disneyland Paris.

– « Etre pro actif et responsable de sa carrière en re contextualisant son expérience » : c’est beau comme mot « recontextualiser » non ? En gros il faut faire un peu de pédagogie pour pour ceux qui sont restés, leur expliquer nos expériences et notre vécu.

Mais pourront-ils comprendre l’éclat du sourire d’une vieille guinéenne, la solidarité entre expatriés, les larmes des départs, l’odeur des petits matins chauds, les coups de blues quand la famille vous manque, le stress des coups de feu, l’attachement à sa maid, l’illumination des étendues vierges et  le piquant du carry poulet mijoté des heures durant dans votre cuisine ?

Moi je dis: pour adopter la Frenchitude attitude quand on rentre, mieux vaut ne pas oublier la Zenitude Attitude.

Bread Society

Bread Society, la société du pain, c’est pas terrible comme nom de boulangerie, on est plus souvent habitué à l’Epi d’Or ou Chez Paulette ou Pain Gourmet ou Maison Pottier ou La Croustillante …

Bread Society pourrait très bien être un société secrète tentant d’empoisonner des clients pour le compte d’une mafia véreuse. Et bien non, c’est bien une boulangerie et qui plus est, ils vendent le meilleur pain que j’ai eu le plaisir de goûter à Singapour; 3 ans de recherche… La baguette campagnarde ressemble à celle de la boulangerie de mon village, c’est vous dire !

On les trouve au Basement 2 du Ion sur Orchard ouvert de 7.30AM à 11PM, et il paraît que le boulanger est japonais, ce qui ne m’étonne pas, toutes les serveuses étaient japonaises. Vérification de mes commentaires sur ce site qui montre que les gourmets singapouriens partagent mon analyse :

http://www.hungrygowhere.com/singapore/bread_society_ion_orchard/

Et oui, les japonais doivent être les seuls au monde, à part les français of course, à savoir faire des croissants et des pains au chocolat à la fois croustillants à l’extérieur et moelleux, dans lesquels le chocolat fond dans la bouche sans vous tacher les doigts. J’en ai l’eau à la bouche rien qu’en en parlant ! Finalement une baguette à Singapour permet la connection de la Frenchitude Attitude et de la Zénitude Attitude.

Carla et moi

Aujours’hui est  The Day où j’ai eu la honte de ma vie. Je m’explique…

Lundi matin, tout le monde sait que l’on est pas forcément très opérationnel au niveau du contrôle de soi et de l’activité cérébrale après un week end digne de son nom à traînasser et profiter de la vie. Je n’en dirais pas plus, ça relève de mon intimité.

Donc ce matin, j’engueule copieusement ma fille qui, dès le lundi avait trouvé le moyen de se mettre en retard avec le risque de rater le bus. Il était de plus hors de question que le Yellow School Bus parte sans elle,  je savais que le voyant d’essence de la voiture était au rouge depuis hier matin. Je sais, je manque de perfection logistique, mea culpa.

Or donc, je lui tombe dessus telle la mégère pré-ménauposée et ma pôôôvrette se met à pleurer. Aussitôt le remord m’assaille et je me dis que j’aurais dû suivre des cours pour être une parfaite maman et communiquer dans la paix et l’harmonie.  Je pense à la Zénitude Attitude, respire un grand coup, la harpie que je suis se calme, ma fille claque la porte et appelle l’ascenseur et je lui cours derrière pour la consoler, oubliant que ce matin je portais ça :

Mon Peignoir Rose

Mon Chéri, ne lis pas cet article où alors oublie aussitôt après l’avoir lu…

Bref, habillée de mes atours de vamp, décorée du  grand sourire de la douce et parfaite Maman que j’étais promptement redevenue, j’ouvre la porte derrière ma fille et je me tape la honte de ma vie en tombant sur mon voisin, un anglais flegmatique qui me salue avec un très léger sourire en coin.

– Good morning, how are you ? lui lançais-je dans mon plus pur accent british teinté de relents franchouillards.

Mon voisin n’a rien dit, j’ai juste perçu un sourire de plus en plus britannique : ma fille était bidonnée de rire et moi j’ai décoché un énorme sourire de circonstance et me suis empressée de fermer la porte.

Et voilà, conclusion : j’affole les anglais, normal mon modèle c’est Carla Bruni, avec le peignoir rose en plus. La prochaine je le refais avec  les bigoudis assortis.

Perfide Albion…

Phuket, paradis perdu

Voir Phuket et mourir !

Enfin, après plus de deux ans à Singapour, je me suis décidée à aller à Phuket. Pour être plus exact, Mon Chéri y allait pour faire du business, c’est dur d’être expat en Asie, et je me suis dit qu’il ne fallait mieux pas le laisser tout seul dans ce lieu de débauche. On ne sait jamais, les thaïlandaises sont de belles femmes. Et voilà :

Dans le cadre d’une petite excursion organisée,  j’ai pu découvrir la vraie vie des touristes à Phuket, sur l’île de Khai à moins de 30 minutes en speed boat de la côte. Petit récit des péripéties :

Le gentil guide nous emmène à toute allure sur son beau bateau années 80 prenant un main plaisir à faire taper la coque sur l’eau histoire de m’abimer un peu plus les vertèbres. Puis il nous octroie 30 minutes pour faire du snorkeling (plongée avec tuba pour les non-initié aux plaisirs nautiques) en plongeant du bâteau. Nous n’étions que 6 sur 20 à oser l’aventure, tous avaient moins de 30 ans, j’étais donc la seule ménagère de plus de 40 ans à me lancer dans cette plongée de haut niveau. Chers lecteurs, vous pouvez être fiers de moi … une vraie James Bond girl.

Une fois séchés et remontés sur le yacht, nous repartons à vive allure (merci pour les vertèbres) en direction de Khai Island. Là le gentil et dynamique animateur nous lâche généreusement une heure, ni plus ni moins, collation incluse.

L’idée générale est de bronzer sur la plage, une fois que l’on a réussi à trouver un transat et une fois les 100 bath de location dudit transat payé. Ensuite, on laisse son sac sur le transat et on a le droit de replonger, en respectant bien sûr le délai imparti des 60 minutes. 

Et malgré tout cela, malgré les odeurs de crème solaire, malgré la chaleur brûlante, malgré les 100 touristes amassés sur 200 mètres carrés, malgré les fumées des bateaux (15 alignés en rang d’oignon), malgré le masque pourri qui prend l’eau, malgré les sacs plastiques dans l’eau que l’on prend pour des méduses, l’excursion est superbe…. on plonge dans un aquarium géant, dans une eau à 28° remplie de poissons multicolores et on s’émerveille des merveilles de cette bonne vieille terre.

Cerise sur le gâteau, je me suis retrouvée face à face avec un très gros poisson rouge, blanc et noir : un japonais avec un masque et un gilet de sauvetage, qui devait être comme moi, absorbé par la contemplation des petites bêtes, et qui a été assez surpris de me voir arriver dans mon plus beau bikini. On s’est levé en même temps, on avait de l’eau jusqu’à la taille et on a éclaté de rire.

Ca, c’est Phuket, mélée de zénitude attitude : un éclat de rire avec un japonais en maillot de bain portant masque et tuba. J’ai enfin pu créer un lien avec un habitant de l’empire du soleil levant. Pour faire de la communication interculturelle de haut niveau, rien ne vaut une petite séance de snorkelling et rien que pour ça,  j’ai bien fait d’accompagner Mon Chéri sur l’île de la débauche et du tourisme.