Les tartines par date

août 2018
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Déplatré

 

CadavrePoursuivant le billet précedent, je ne peux m’empêcher de raconter la séance de déplatrage du bras de grand fils.

Nous arrivons donc au centre médical, 10 minutes avant l’heure prévue, car en expat les médecins sont très souvent  à l’heure; qu’on soit dans un pays peu civilisé où le médecin des expat n’a pas une clientèle monstre ou dans un pays avec un système de santé bien privé et bien cher donc là aussi avec moins de patients. Promis, un  petit billet bientôt sur les docteurs…

Donc notre docteur, disponible et ponctuel, a eu l’air à la fois catastrophé et hilare, c’est possible, en voyant surgir le grand dadet au bras cassé; il faut dire qu’il n’en revenait pas qu’il se soit cassé deux fois le bras à 1 mois d’intervalle, ma patience et mon porte monnaie non plus ne s’en remettent pas.

Pour vérifier le bon positonnement du bras, nous redescendons au rdc passer la 8ème radio, on pourrait presque faire un film muet genre années 20. On remonte, on raconte les exploits sportifs du petit et là le bon docteur décide de scier le plâtre.

D’un geste assuré il appuie sur l’interrupteur de la scie circulaire, je tremble. L’engin fait le même bruit détesté que la roulette du dentiste et je ne me m’empêcher de penser à mes plombages,  anticipant déjà négativement ma prochaine visite chez ma douce dentiste où je penserai à la scie circulaire du chirurgien; j’en ai mal au dent là, maintenant, tout de suite.

Sur ce, le doc attaque le plâtre et les emmerdes commencent. Dans une retenue toute asiatique, il jure  » It’s rather tough », maintenant je sais bien ce que cela veut dire. Il tourne le bras pour trouver un angle d’attaque and « it’s still rather tough ». Le fiston trouve ça plutôt drôle de voir le doc s’emmêler la scie dans le plâtre; je sens une pointe de fièrté nationaliste, en France, on fait des plâtres plus durs et plus solides qu’en Asie  gnagnagnère.

La plaisanterie a duré 20 minutes pour un plâtre de 40 cm. Les gouttes de sueur du chirurgien dégoulinait sur le lino luisant et crasseux où les cafards grouillaient. La scie s’enrayait. Mon fils, le bras contorsionné, ne trouvait plus du tout cela plaisant, blanchissait à vue d’oeil, sous la lumière défaillante et moi, malgré un courage tout maternel, je sentais l’évanouissement poindre, c’était MASH version expat.

Bon OK j’exagère. N’empêche que le bon docteur a eu un sourire vainqueur digne d’un médaillé olympique, Beijing 2008, en extirpant le plâtre jaunâtre du bras de mon fils à moi et qu’il n’a pu s’empêcher de lui proposer de garder les restes, doggy bag, et que bien évidemment nous sommes repartis avec un plâtre usagé de 2 mois sous le bras. Ames sensibles s’abstenir.