Les tartines par date

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Partira, partira pas

Phénomène relativement nouveau et totalement lié à la crise, une grand nombre de familles d’expatriés ne savent plus sur quel pied danser.

Mai et juin sont les traditionnels mois des départs vers de nouveaux horizons ou de retours au pays; cette année, beaucoup savent qu’ils partent mais n’ont pas focément la destination d’arrivée, ni même une certitude totale de départ. C’est là que tout se complique, car qui dit départ dit logistique à mettre en branle. Inscription dans les écoles, réduction drastique du mobilier et des affaires inutilisées, vente de la voiture, don du cochon d’inde, recherche d’un employeur pour la maid qu’on aimait bien, passation au boulot, et surtout pot de départ.

Et cet année sans doute à cause de la crise les situations semblent incertaines, le projet s’arrête on part et puis finalement ça reprend, il y a même des familles d’expatriés arrivéee en janvier qui nous quittent en juin.

Et oui pas toujours drôle la vie d’expatriés, et dans tout cela c’est bien souvent Madame qui doit assurer la logistique, le maintien du moral des troupes, les stocks, et surtout la poursuite de la vie quotidienne comme si de rien n’était.

Je rends donc  hommage à tous les inconnus qui suivent leur conjoint en expatriation, et qui lorsqu’ils arrivent sont souvent, du moins au début, la femme de Mr Bidule, et de plus en plus le mari de Mme Smurps et sans lesquels l’expatriation serait un numéro de haute voltige.

Mon aspirateur

Hier soir, je me suis fait remonter les bretelles par la femme de ménage, elle torchonne bien donc je fais profil bas et subis ses remarques sur la façon dont est organisée mon appart (très mal, on est d’accord, mais on ne se refait pas, je respire mieux dans un joyeux foutoir). Bref, la dadame me laisse une ferme injonction écrite sur mes post it : Madam, please , you need to buy me a new vacuum cleaner, I cannot work. So am I.

Et puis quoi encore, il est beau mon Moulinex petit format vert pomme. OK le tuyau tient avec du scotch, alors que je viens juste de fêter son premier anniversaire, mais il faut savoir que le pauvre aspirateur a déjà été victime des violences ménagères (pas des miennes, je me contente de le contempler), d’une précédente responsable du nettoyage de mon appart.peril mecanique

 Bon tout cela c’est pour la petite histoire qui m’a fait penser aux façons de vivre avec ses objets courants, c’est là que l’on perçoit très nettement les différences culturelles et celles de niveaux de vie.

Revenons en Afrique de l’ouest, où dans la même situation, le boy, sous les conseils avisés du cousin du beau frère du chauffeur, m’aurait proposé non pas de racheter un modèle tout neuf mais de refabriquer un aspirateur avec des tuyaux de douche ou de pompe à essence piqués je ne sais où. Et justement le dit boy-cuistot connaît très bien the spécialiste de la réparation d’aspirateur qui vend le tuyau qui me manque. Pas de problèmes, on va se démerder Madame….

A Johannesbourg, la question ne se serait pas posé, mieux faut un bon balai qui justifie l’emploi de la maid bien payée. La machine est cassée, faut la jeter mais garder la maid. Ca tombe d’ailleurs sous le sens, bon remède contre le chomage. Je n’aurais d’ailleurs pas eu l’information tout de suite comme à Singapour et je m’en serais rendue compte 3 mois plus tard en voyant la maid passer soigneusement le balai à côté de mon bel aspirateur, la fameuse maid ayant sans doute très peur d’être tenue comme responsable de la casse et donc renvoyée illico presto dans son township.

  A l’île Maurice, la nénène aurait discuté longuement avec moi sur le pourquoi et le comment de la panne de l’aspirateur et sur les regrets associés, langueur des iles… Et vous savez, Madame, l’aspirateur, qui a sans doute une grande vie intérieure, est fatigué, il veut plus marcher. Ben oui ça se comprend, pourquoi n’y ais-je pas pensé plus tôt, moi aussi je fatigue.

Bon, en un mot comme en cent, c’est dans les petites choses qu’on voit les grands effets, aspirateur reflet des différences culturelles, fashion word, en gros c’est l’effet papillon. (Je sens l’espression fashionable qui point)

Depuis j’ai réparé mon aspirateur juste un peu bouché, rhume d’hiver singapourien ou contrariété  passagère, nul ne saura jamais et j’attends le verdict de la terreur ménagère qui sévit dans mon antre…. et qui revient la semaine prochaine.