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Problèmes de vacances

Le beau frigo

Le beau frigo

Les grandes vacances arrivant, enfin du moins les vacances scolaires, il me semblait opportun de parler de congés payés. Le sujet est bien sûr lié au monde du travail puisque comme chacun sait les régimes des congés diffèrent grandement suivant la législation du pays où l’on travaille.  La question devient cruciale lorsque Mr ou Mme l’expat en chef bénéficie des 5 semaines généreuses de son contrat français avec les Allers Retours au pays offerts et que Mr ou Mme conjoint de l’expat, que l’on appellera dans ce post  le suiveur, a eu la chance de décrocher un contrat de travail local.

Chance ou malchance ??   Analysons la situation à Singapour, un pays pris complètement au hasard, où le suiveur n’a le droit en contrat local qu’à deux misérables semaines de congés payés. Ca, c’est pas de la Frenchitude attitude…

Bien sûr le suiveur peut s’accorder quelques congés sans soldes, mais cela commence à craindre légèrement, pour parler comme un ado, quand les congés sans solde atteignent les 13 semaines, juste pour rattrapper les vacances scolaires et surveiller, même de loin, vos ados en plein délire d’autonomie.

On peut aussi ruser en posant des jours de maladie, et annoncer fièrement au chef que l’on sera victime d’une subite maladie toutes les 6 semaines, rythme moyen des congés scolaires. A moins d’avoir un mal récidivant, ce que je ne souhaite à personne, il faut avoir un certain culot. Mais vous me direz, on ne travaille pas pour les vacances, n’est ce pas, mais pour au contraire s’investir personnellement dans un projet épanouissant. 

 Alors, me suis je dit, plutôt que de chercher un travail épanouissant payé au salaire singapourien avec 2 semaines de congés, investit toi dans une activité de volontariat passionnante, histoire de trouver ta place dans ce bas monde et de ne pas trop ramolir les restes de ton cerveau bien abimé par 10 ans de tropiques. Ici à Singapour, c’est très facile, le volontariat est hautement valorisé, environnement anglo-saxon oblige …

Mais ce que je n’avais pas prévu, c’est que même en ne travaillant pas, je trouve que les vacances scolaires reviennent bien souvent… et avec elles des ventres à nourrir, un frigo pillé, et un niveau sonore en expansion quotidienne. C’est du Victor Hugo. Mais j’ai l’extrême satisfaction de  voir grandir les nains (de façon inversement proportionnelle au volume de nourriture du frigo), le sentiment d’être une parfaite épouse d’expatrié (je suis le suiveur) doublée d’un mère modèle (compte tenu des circonstances bien sûr, et surtout hors vacances scolaires) et surtout je peux découvrir à loisir la grande Asie …. Evidemment on a les problèmes que l’on mérite mais cela fait du bien de se faire quelques compliments de temps en temps. Restons zen, plus que 3 petites semaines avant les 8 semaines de congés.

Mon coiffeur

Petite pause détente chez le coiffeur de mon shopping mall local. Pour moi les coiffeurs sont de fins observateurs de la société humaine. Allez les voir, c’est lire du Balzac.

Déjà, ils voient les choses d’un peu plus haut que le commun des mortels, assis sur son fauteuil tourniquet, ligoté par la protection synthétique et surtout en état d’infériorité puisque placé sous le ciseau créateur de beauté ou de désastre du coiffeur.  Et je ne parle pas de la séance chez le barbier (le magasin voisin)  où le pauvre client est menacé d’un coup de rasoir. L’autre boutique est un dentiste. Sans blague, c’est l’étage de tous les dangers. Mais qui dit dangers dit frissons, émotions, aventures…

Bon bref je vais me faire couper les cheveux, la même coupe depuis 6 mois, chez Willy, la routine, fini l’excitation des premiers jours. Et comme je le disais plus tôt Willy est un fin observateur et surtout il a toujours une petite histoire d’un autre client à raconter à la curieuse que je suis. Il suffit de lui lancer un mot magique.  Pas de secret médical chez les coiffeurs.

Aujourd’hui,  avec le mot Ado, j’ai eu droit au couplet sur le ravage des jeux vidéos sur les adolescents. Une de ses clientes, soumise sur son fauteuil tourniquet, se plaignait de voir son fils ado abruti devant les jeux vidéos, ne travaillant pas à l’école,  mou comme une éponge imbibée, l’ado typique somme toute. On en a tous un dans nos relations.

Je dis là que la mondialisation n’épargne pas les comportements, on va tous devenir pareils, abominable futur. Bon heureusement Willy le coiffeur est de retour et  va peut-être nous sauver de ce désastre planétaire et identitaire.

Dans sa sagesse quasi bouddhique, Willy le coiffeur a répondu du tac au tac à la malheureuse cliente, après l’avoir soigneusement interrogée sur ses comportements avec son ado, le ciseau dans une   main, le sèche cheveux dans l’autre :

« You get what you deserve, correct  laaaaah », je traduis  : vous n’avez que ce que vous méritez, le laaaaaaaaah fait office de ponctuation en anglais singapourien.  Ben oui, elle est trop bête, cette dadame, elle offre à son ado le dernier modèle d’ordinateur, avec les jeux y tout y tout.

Il est fort Willy en psychologie et en pédagogie, a t-il lu le dernier Naouri ? Bon, toujours est-il que je tire quatre points de conclusion de cette après-midi :

1) Ne jamais rien raconter à son coiffeur, sauf si on veut lancer une rumeur sur son ennemi juré.

2) Un coiffeur vaut un coach, question psycho et pédagogie, en plus on sort de son salon plus belle qu’avant (théoriquement)

3) Willy le coiffeur a certains points communs avec Jo le chauffeur de taxi.

4) Miraculeusement, malgré son débit verbal extrême, il coupe très bien les cheveux.

Quand même, j’ai toujours un peu peur quand emballé dans son histoire,  le ciseau brandi en l’air , il  s’arrête dans sa coupe, pour me demander mon approbation :  « I am right laaaaaaaaah ? » Et si je ne suis pas d’accord , il va me planter là, me laissant avec un côté long, un côté court.  Il faut vivre dangeureusement…. Singapour, c’est l’aventooooouuuuure.