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Déménagement

Aujourd’hui j’ai reçu un petit mot de Carine, que vous trouverez dans les commentaires, qui nous fait part des difficultés de ses enfants, notamment la plus grande à quitter son pays et je me suis dis que la réponse méritait amplement un post complet.

Bien sûr, je n’ai pas la science infuse quoique !!! et je vous propose une réponse, qui en décevra peut-être plus d’un, car pas du tout politiquement correcte en ces temps d’auto-analyse psycho machin truc, de coaching et de cocooning.

Deux solutions pour aborder une difficulté :

– la discussion des « pros and cons » : on met à gauche le pour, à droite le contre et on compte le nombre de points en bas de la page. Problème de la méthode, on peut écrire un livre entier sur le sujet et volontairement ou non oublier de remplir le côté gauche ou droit de la feuille en fonction de ce que l’on désire tout au fond de soi, sans se l’avouer franchement. Pas très clair, n’est ce pas ? Pour faire simple, on sait en général ce qu’on veut sans se l’avouer, le plus dur c’est souvent de regarder la vérité en face. Encore moins clair me direz-vous… L’idée est que parler d’un problème ou d’une difficulté, de chercher à comprendre pourquoi on a ce problème, ce qui nous motive ou nous démotive depuis notre plus tendre enfance,  à perte de vue,  ne permet pas forcément de le résoudre et d’avancer. Qui dit problème dit solution, ce qui m’amène à vous proposer ma petite théorie personnelle sur la gestion des enfants dans un déménagement:

– j’ai observé sur mes nains que lorsque l’ on donnait peu d’occasions de se « prendre la tête » et que l’on réduisait la discussion sur des sujets qui étaient de toute manière décidés, la pilule passait beaucoup plus facilement.

En général, les parents ont décidé de bouger et les enfants suivent, la petite phrase « c’est comme ça et pas autrement et ça ne sert à rien de pleurnicher sur ton sort » peut permettre aux enfants d’accepter le changement. Evidemment, ce n’est pas du tout dans l’air du temps, mais ce serait malhonnête de leur laisser croire que leurs états d’âme vont pouvoir influer sur une décision d’adulte, déjà prise ou en passe de l’être. Malhonnête et générateur d’angoisse, car laisser un enfant envisager d’autres possibilités l’oblige à porter une reponsabilité qui n’est pas de son âge. Mieux vaut décider et avoir un positionnement clair que de faire des allers retours.   Evidémment, on prend le risque que les choses ne se déroulent pas exactement comme prévu, mais cela fait partie du fun de la vie et de l’apprentissage.

Donc on peut tenir le discours suivant : « nous avons décidé de partir à Singapour, c’est sûr à 95% (les 5 % sont du ressort du chef de Papa et nous n’en sommes pas responsables). Comme tu as seulement 10 ans tu vas venir avec nous et nous t’aiderons à avoir une vie agréable et à garder le contact avec tes amis, tes grands parents, tes cousins… » Si vraiment, elle bloque, on peut lui proposer de rester en France chez les grands parents ou d’aller en pension. (assez radical pour qu’un départ inenvisageable deviennent tout à coup très séduisant)

Pour la petite histoire, j’ai eu le même souci avec ma fille de 5 ans qui ne voulait plus quitter l’île Maurice, nous affirmant qu’elle était mauricienne lorque nous lui avons dit que nous partions. Sa grand soeur lui a répliqué que les parents décidaient et faisaient ce qu’ils disaient et donc qu’ils allaient partir sans elle de toute façon et cela a réglé le problème immédiatement. Ensuite elle est devenue africaine en Guinée…

Pour gérer le quotidien jusqu’au départ, il ne reste plus qu’à enrober le plat et trouver le point positif qui leur donnera envie de quitter leur environnement rassurant : une nouvelle activité exotique : plongée sous marine, apprendre le chinois, des vacances dans une mer à 28°, la fierté de pouvoir être un aventurier et de découvrir le monde, un accès MSN pour garder le lien avec les copines, une boum pour son anniversaire, la piscine en plein air dans l’école etc, etc …

Pour conclure ce post digne de Mme Soleil, on gardera à l’esprit que les enfants sont souvent les plus rapides à s’adapter à un nouvel environnement une fois sur place, d’autant plus qu’ils sont en général très bien accueillis dans les écoles à l’étranger où la plupart de élèves sont habitués à voir de nouvelles têtes arriver. Bref que du bonheur…

1 comment to Déménagement

  • BERTHE

    Super, tu t’es remis à ce blog. Je l’ai souvent suivie à Singapour. Il m’a fait sourire de voir la vie d’expat avec cet humour. Revenue fraîchement (!) en France, nous pourrons continuer à avoir qq news de Singapour et des singapouriens.

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