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Carrefour, parfois je négative

Pas tout le temps il est vrai mais aujourd’hui je me sens l’âme d’une ménagère de plus de 40 ans frustrée. Normalement quand on est une ménagère de plus de 40 ans, on est la chouchoute des directeurs de magasins, la diseuse de bonne aventure des pros du marketing, le porte monnaie à pattes, bref on se sent aimée !

Et pourtant la réalité est tout autre. Plus le temps passe, plus mes expéditions au Carrefour prennent l’allure d’un parcours de combattant ou d’une dépression en live.  Hier nous avons atteint, Carrefour et moi, le summum de l’incompréhension. Voici mes griefs :

1/ j’aime bien l’Asie mais la musique chinoise à fond les mannettes, en boucle permanente, me tape sur les nerfs, surtout quand on tombe sur un caddie qui roule mal.

2/ toutes les semaines les produits changent de place comme par magie. Je les soupçonne de se déplacer la nuit, insatisfaits de leur position, histoire de voir de nouveaux horizons. Le produit le plus mobile du Carrefour est la compote, allez savoir pourquoi, elle est passée du rayon conserves, au rayon biscuits, puis confitures et maintenant elle a atteri dans les bonbons et sucreries. A mon avis il y a un problème de fond quant à la classification de ce produit, problème qui mériterait un débat approfondi de personnes compétentes. (c’est creux comme phrase mais ça fait bien).  En 3 mois les compotes ont parcouru pas moins de 70 m, pas mal pour une compote non ? Bilan de la course, je cours après les compotes avec mon caddie.

3/ des produits disparaissent : en ce moment c’est la moutarde et la ratatouille. Et comment faire quand on est une bonne ménagère expatriée et française pour vivre sans moutarde ! Le pire c’est que peu de temps avant la disparition de la moutarde, Carrefour offrait des supers promos dilapidant des stocks entiers de bonnes moutardes bien fortes à 1,5 dollar. Désormais je noie mon chagrin moutardesque dans de la  moutarde à 8SGD, moins de 10 pots hier au rayon moutarde.

4/ d’autres produits sont en totale rupture : hier c’était les yaourts et  les pâtes feuilletées. L’avion n’est pas arrivé (ceci dit la semaine dernière non plus, bizarre) .  Après 10 ans d’expat, on attend avec impatience l’heure hebdomadaire du yaourt, vendu tout de même à 7SGD soit 3,5 Euros les 4 yaourts nature de base marque Carrefour. Ok ils sont bons, ils sont chers, mais on est une ménagère frustrée du yaourt alors on investit et on le déguste en 10 minutes ! Et quand le yaourt ne se montre pas vaillant au petit rayon frais, prêt à être happé par une main impatiente,  le désespoir nous envahit. Profitez, français de France, de vos rayons engorgés, que dis-je, dégoulinant de yaourts, vous ne savez pas à quel point ce produit est rare. Finalement faire ses courses c’est un TP d’économie, on voit à quel point la rareté fait le prix…

Imaginez ensuite la déception de mes nains chéris quand je leur annonce qu’il n’y a plus de vrais yaourts, les larmes coulent ! J’ai l’impression d’être une mère misère incapable de nourrir ses poussins piaillant dans le nid.

Revenons à nos courses, on descend l’étage épicerie, on quitte l’odeur du durian, la musique chinoise est toujours là et on se dirige tranquillement avec un chariot rempli à ras bord (en fait de poussins, j’ai des ogres) vers la caisse. Au passage on craque devant une petit short ras les fesses, manque de bol il n’ont pas le XXL, ce n’est pas aujourd’hui encore qu’on va se remettre au sport, non pas par manque de volonté mais par manque d’équipement ! Je précise pour mes lecteur français que le XXL asiatique est un M en Europe, mais je frôle le hors sujet. Donc on poursuit son trajet et on arrive devant les caisses.

5/ Une fois de plus Carrefour vous déçoit, il est 12h30 mais les livraisons, c’est fini pour aujourd’hui.

Arggh. Je tente alors une négociation à la française du genre :  » c’est un scandale, vous indiquez que les livraisons ont lieu jusqu’à 3PM et il n’est que 12PM – un peu de mauvaise foi – » Maamm (ça veut dire Madam !) it’s upon avaibility » . La disponibilité des livreurs, c’est comme l’informatique dans l’administration française, ça a bon dos pour tout ce qu’on a pas envie de faire au jour dit. Mais la dadame ne sait pas qui elle a en face d’elle (même si je crois que je me suis fais repérer…) Donc comme je suis une française entraînée à râler je passe à la phase 2, et je gémis : « vous comprenez il faut absolument me livrer aujourd’hui, demain l’accès à mon immeuble est bloqué » ou alors « j’ai de gros problèmes de dos, j’ai mal aux cheveux , au genou etc etc, ma grand-mère est malade, mon mari va me quitter si vous ne livrez pas aujourd’hui » .

Le résultat est variable, c’est un peu à la tête du client ! Heureusement pour moi et pour les finances de Carrefour, hier, c’est passé, sinon je crois que j’aurais laissé mon caddie sur place sans payer ! C’était le blues de la ménagère, ça fait du bien de temps en temps et demain j’irai au Cold Storage. Inch Allah comme disent les guinéens !

Singapour, l’eldorado des chercheurs d’emploi ?

Singapour semble être l’Eldorado économique pour les européens,  au vu de plusieurs messages que j’ai reçu me demandant « comment fait-on pour s’installer à Singapour ? »

Pour être franche, je n’ai pas eu à me préoccuper de ce genre de question, étant une bonne et gentille épouse qui suivait son Chéri. Ceci dit, j’ai pu observer plusieurs cas de figure, dans lequel chacun trouvera sa voie. Comme dirait Lao Tseu dans Tintin, il faut trouver la voie. A Singapour il faut d’abord trouver un visa, et là je renvoie sur la branche immigration (et oui on devient immigré en s’installant à l’étranger, chacun son tour)  du site du Ministry of Foreign Affairs : http://www.ica.gov.sg/index.aspx

Ce que je ne savais pas avant d’y aller, c’est qu’il est possible maintenant d’obtenir un visa long terme pour chercher un travail une fois sur place. Jusqu’à présent j’avais plutôt vu des personnes qui venaient en touriste, et faisaient des saut de puces à Bali (il y a pire, c’est plus cool que l’ANPE) pour revenir ensuite avec une nouveau visa touriste. http://www.ica.gov.sg/page.aspx?pageid=172&secid=171 . Avec cette nouvelle formule plus besoin d’aller à Bali. Snif snif.

Voilà, il suffit donc de venir (pas forcément si facile mais bon, c’est vous qui êtes motivés sinon vous ne seriez pas en train de lire ce magnifique post)  et de chercher voire même trouver  ensuite un bon contrat local, bien payé, avec 20 jours de vacances par an  et autant de Medical Leave, histoire d’avoir presque 4 semaines de congés, pour rester dans la Frenchitude Attitude (ceci les Singapouriens font pareil) Des pistes :  http://expat.cfacile.net/2009/04/trouver-un-travail-a-singapour/

D’autres, la majorité des français ici, ont la chance de se faire directement envoyer à Singapour par leur boite d’Europe, mais finalement comme ils no’nt pas de problèmes de travail, on va donc  les oublier pour le moment. Une parenthèse tout de même : dans les anciens français de Singapour, i.e ceux qui sont là depuis plus de 4-5 ans, on rencontre souvent des ex-expatriés qui ont basculé définitivement dans le contrat local en se faisant embaucher sur place et en démissionnant de leur boite d’origine. Un nombre non négligeable d’ex-expats choisit également de ne pas rentrer au pays de de monter sa boite sur place. Bref ce sont des pures aventuriers qui quittent le cocon douillet (de moins en moins cependant) de l’expatriation.

Mais le vrai aventurier est celui qui quitte tout en France et vient créer son entreprise directement. Là je dis RESPECT. Et ça peut marcher, un exemple, ma crêperie préférée, la crêperie Entre Nous :

http://www.entrenous.sg/entre-nous_creperie_crepe_singapore/homepage.html 

Et surtout on n’oublie pas la formule aide, company set up, de la Chambre de commerce http://www.fccsingapore.com/index.php?id=66

et son réseau de gentils membres tout prêts à aider leurs gentils compatriotes (enfin ça c’est moi qui le dit,  je m’avance peut-être un peu… je ne suis pas membre, aucun intérêt dans l’affaire) : http://www.fccsingapore.com/index.php?id=32

Voili Voilou, c’est peu mais c’est déjà ça, bonne chance à tous ceux qui vont arriver !

Publicité choc

Pour empêcher les jeunes ou moins jeunes singapouriens d’abuser des bonnes choses et de finir totalement imbibés d’alcool, une campagne de pub assez choc vient d’être lancée, un extrait ci dessous :

Le cliché est assez provocateur, celui pour les hommes représente un homme recouvert de tatouages et la plupart des affiches sont concentrés dans le quartier des bars et restaurants, le long de la rivère sur Clarke Quay. Reste à savoir si les joyeux convives parviendront à atteindre l’arrêt de bus, où l’on trouve ces magnifiques clichés,  et à s’arrêter au 3ème verre… Santé !

Les Community Center de Singapour

A Singapour, les community center, existent depuis l’occupation britannique et se sont développés depuis l’indépendance. Ces centres communautaires, traduction pas très sexy, voire à connotation communiste mais tout à fait dans l’air du temps des années soixante, avaient pour vocation de cimenter le peuple singapourien.

Dès la création de l’Etat Singapourien, les dirigeants de l’époque ont senti la nécessité de rassembler pacifiquement les différentes communautés : les chinois, les malais, les indiens, et les européens. Chaque communauté avaient et a toujours sa langue, sa culture et sa religion, il fallait donc faire en sorte que tout ce petit monde cohabite bien ensemble. Ainsi dans chaque centre community Center, le nouveau citoyen  singapourien trouvaient de quoi se distraire, se former et rencontrer d’autres personnes de son quartier.

En 1960, le People Association, l’association du Peuple (on se croirait à nouveau en URSS) a pris en charge la gestion des Community Center, et au début, on pouvait s’y rendre pour regarder la télévision, sans la climatisation bien sûr. Les community center étaient aussi le siège de différents groupes sociaux : pour les jeunes garçons (groupe de type scouts, héritage des anglais) , la défense civile (à l’heure ou la police avaient peu de moyens) et des clubs de sports. On pouvait également y faire des examens médicaux et des radios et dans les années 75, les écoles maternelles et les jardins d’enfants étaient établis dans ces centres communautaires.

Bref les CC, comme les singapouriens les appellent, ont joué un rôle énorme dans la construction sociale de la nation singapourienne et ont certainement permis la cohésion nationale et la cohabitation pacifique des différentes communautés.

Ces centres sont toujours très actifs et accessibles; même si les activités proposées ont changé et sont plus tournées vers le loisir, on y retrouve ce souci de faire « vivre ensemble ». On peut pratiquer des activités autour de l’harmonie raciale, l’intégration communautaire, et le dialogue entre communautés. J’ai ainsi découvert que l’on pouvait suivre le Singapore Harmony Tour ! (des détails sur : http://www.pa.gov.sg/our-programmes.html)

 Ils sont de plus en plus un point d’accueil pour la population retraité, en forte augmentation et parfois assez démunie, le système de retraite singapourien étant moins généreux que le notre. En conclusion, les Community Center de Singapour sont un mélange bien organisé de nos centres culturels, centres de protection maternelle et infantile, et de nos clubs de retraités auxquel on aurait rajouté des centres d’intégration de nos immigrés, tout ça pour construire l’identité nationale.  Vaste programme !

Pour plus d’infos sur les programmes proposés : http://www.pa.gov.sg/

Hommage aux escalators de Singapour

Juste une petite photo du week-end en hommage aux escalators de Singapour qui nous portent inlassablement, nous font monter et descendre dans les shopping malls de la cité, sans jamais, ou presque, tomber en panne.

On ne pense jamais à ces machines bien utiles, qui, si elles étaient douées de paroles auraient sûrement bien des choses à raconter, sur la nature humaine…