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décembre 2009
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Jouer à Singapour

Bien que le jeu soit interdit à Singapour, du moins à ma connaissance, j’ai déniché dans les présentoirs d’un temple bouddhiste, ce petit prospectus tout à fait édifiant sur les méfaits du jeu.

Gambling in Singapore

 

L’image est forte, on utilise une gentille petite fille totalement brimée avec son gros cochon rempli d’économies qui va bientôt être brisé, et voici quelques extraits traduits et commentés des explications qui se trouvaient à l’intérieur.

« L’addiction  au jeu peut conduire à de sérieux problèmes pour les joueurs et leur familles. » Tout le monde est d’accord avec cela. Pragmatiques, nos amis singapouriens précisent que « le problème croit de façon proportionnelle avec le montant des sommes mises en jeu ». Et oui, petites pertes ou gains, petits problèmes, grosses pertes ou gains, gros problèmes…

Question suivante : comment les problèmes liés au jeu commencent ?

Explication : Il y a trois phases

1/ on gagne,  jouer est un passe temps social où les joueurs font leur première expérience excitante de gains. En Asie, tout commence par le Mah Jong et c’est comme tout, les première fois, ça fait vibrer…

2/ le joueur commence à perdre et doit jouer de plus en plus pour rattraper ses pertes. Sauf s’il décide de s’arrêter… ou de se mettre au Monopoly.

3/ Desperation, i.e total désespérance, la vie du joueur rentre dans une spirale sans fin faite de remords et de sentiments de ne pouvoir s’en sortir. La nature humaine est décidément faible. Heureusement à Singapour on a des solutions, appeller le numéro 1800 6 668 668, Stop Problem Gambling. (d’ailleurs tout cet article vient de la pub pour ce  service)

Et comme les singapouriens sont des grands organisateurs, ils nous donnent les signes caractéristiques des joueurs dépendants, comme cela vous pourrez les reconnaitre dans la rue ou dans votre entourage et appeller le numéro ci dessus. Voici les signes avant coureur :

1/ on joue plus longtemps que prévu, c’est foutu pour moi, je suis capable de jouer aux cartes jusqu’à point d’heure

2/on joue jusqu’à ce que le dernier dollar soit dépensé. Là je dis que ce n’est pas tout à fait vrai, certains laissent sur la table de poker leur montre, leur chemise, les clés de la BM, ses chaussettes et je m’arrête là pour ne point choquer. Je recommende à ce sujet le très bon film « le Coach » qui passe sur les télés d’Air France.

3/ En plus de perdre son argent, on perd le sommeil, on déprime et on peut même aller jusqu’au suicide. Pas cool. Pas envie de commenter.

4/ On joue de l’argent prévu pour d’autres dépenses, mais qui peut honnêtement dire qu’il  n’a jamais craqué sur 4 paires de pompes dans une crise d’achat compulsif pour économiser ensuite sur les céréales de ses enfants chéris et leur servir des pâtes à l’eau.

5/ On essait plusieurs fois sans succès d’arrêter le jeu. C’est comme la clope, la bouffe, le shopping, le travail, l’alcool, la drogue etc etc, bref ici on définit l’addiction, rien à dire de plus.

6/ On emprunte de l’argent pour jouer. ou pour s’acheter  un appartement en Europe ! 

Voilà, nous savons tout sur le jeu et les méfaits qu’il procure, ce n’est pas inutile de revenir de temps en temps aux réalités de ce monde et de faires des piqûres de rappel de moralité. Ceci dit,  je me dis que pour être un financier qui rapporte beaucoup d’argent en faisant des placements risqués, il faut avoir l’âme d’un joueur. Quand on pense que Singapour est une place financière non négligeable dans ce petit monde, on peut faire un parallèle rapide entre la mentalité du joueur de Mah Jong et l’activisme financier de certains. Voilà mon explication réductrice à deux balles de la richesse de cet Etat, comme les singapouriens ne peuvent pas jouer, forbidden, ils font des affaires. Le hic, c’est qu’ils vont bientôt ouvrir un casino géant !

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