Les tartines par date

juin 2009
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Sens caché ??

En me promenant sur une rue parallèle à Orchard Road, les Champs Elysées Singapouriens, je me suis retrouvée face de bien curieuses affiches. Les mêmes, dans un musée branché d’art contemporain, amèneraient une foule d’interprétations autour des mots rebellion, discipline, business, police, danse moderne, richesse, soleil des tropiques, rouge, symbole de prospérité, blanc symbole de mort… Je laisse à chacun le soin de faire son propre commentaire, sachant que l’affichage en question était placée sur une barrière en tôle protégeant un chantier, encore un, d’un futur shopping center, encore un.

Monopoly

Monopoly

Pourquoi part-on loin de chez soi ?

Bonne question à se poser avant de partir, de tout quitter , de s’enfoncer dans les méandres des terra incognita, rien que le nom fait rêver… Petite liste de toutes les bonnes raisons qui font que, tout d’un coup, on envisage la possiblité de sortir de son quotidien rassurant, ouaté, calfeutré, même si l’on passe ses journées à galérer dans le métro à la recherche d’un boulot. Dans toute bonne liste, on numérote, je laisse à  mes valeureux lecteurs le soin de remettre dans l’ordre qui leur convient.

1) trouver un travail mieux tout : mieux payé, le nerf de la guerre, mieux valorisé, mieux organisé, plus autonome, plus formateur etc etc

2) aller apprendre autre chose : le départ manifestation d’une grosse curiosité à laquelle rien ne résiste, apprendre le chinois en Chine, c’est plus sexy à Shanghai que dans le XIIIème. Idem pour le Zoulou, plus abordable dans le Kwazulu Natal qu’à Barbès, ou même apprendre à faire équipe avec des gens différents, apprendre à vendre des tapis à un pakistanais ou à négocier un grand boubou à Lagos …. On ne peut que rêver devant dans d’aventures !

3) fuir quelque chose ou quelqu’un voire plusieurs personnes … On commencera de façon réglementaire par sa belle-mère, puis son amant délaissé, ses parents, ses ex, sa femme ou son mari, son patron, son voisin ringard, ses gendres ou brus envahissants (si si ça arrive) tout le monde peut y passer.

4) voyager sur les traces de Jules Verne et se sentir de la même race qu’un Bougainvillier, un Docteur Sweitzer, qu’un Lapérouse ou qu’un Indiana Jones, allez on a même le droit de se croire James Bond enchainant les missions les plus dangeureuses aux confins de la Corée, sans les séances de torture bien sûr, téméraire mais pas mazo.

5) aller sauver les monde, qui soit dit en passant ne vous attend pas mais sait-on jamais… et distribuer des friandises à des enfants affamés en sortant d’un hôtel 4 étoiles, quand même plus confortable qu’une paillasse aux draps sales sans moustiquaire, personne ne me contredira sur ce détail.   Ok j’exagère, mais il y a un vrai marché de l’écotourisme et de l’humanitaire en 4X4 rutillant. Là plus personne ne va me lire, descente aux enfers pour unpolitically correct speech.

Et last but not least,  la raison à laquelle personne ne songe :

6) pouvoir enfin regarder les vrais programmes locaux de télé, ceux qu’on ne trouvera jamais sur les tv satellites, je peux fièrement dire que j’ai regardé régulièrement la Radio Télé Guinéeenne en Français, Poulard, Soussou, et Malinké. Pas mal non ? Ca  valait le voyage, et là, les touristes ne sont même pas cap, ce qui distingue l’expat du touriste, soit dit en passant.

Bon plus sérieusement un lien qui traite du même sujet et qui fait froid dans le dos, on va bientôt quitter notre beau pays pour aller nettoyer les toilettes sans portes des chinois.

http://www.ecotidien.fr/2009/05/ces-jeunes-obliges-de-sexpatrier/

Question d’âge

En écoutant l’autre jour les informations sur TV5 Monde (http://www.tv5.org/), très bon contenu et un site sympa pour tous les amoureux de la langue française, je me suis rendu compte que j’étais une jeunesse. Non ce n’est pas aujourd’hui que je mettrai mon âge réel en ligne, mais finalement je suis jeune. Youpi.

Manuel  Vals, interviewé sur sa future canditature aux prochaines élections présidentielles, était présenté comme un jeune politique du PS. Et le bonhomme a en fait 46 ans. Moins j’ai moins donc je suis aussi jeune à défaut d’être politique.

Après 3 ans de Guinée, 46 ans était pour moi un âge quasi canonique, et je me souviendrai toujours d’un joueur de djembé, qui donnait des cours à mes enfants, s’étonner du haut de ses 20 ans avec sa tête pleine de rastas que je ne sois toujours pas grand-mère, voire même toujours en vie. Sisi.

Puisque la moyenne d’âge du commun des mortels en Afrique doit tourner autour de 25-30 ans et qu’ensuite les rangs s’éclaircissent à cause en général du typhoide palu (maladie où l’on a de la fièvre et dont on peut s’estimer heureux de sortir en vie), il était normal que mon joueur de rugby me relègue aux oubliettes. Une exception tout de même : les hommes politiques au pouvoir en Afrique ont  la vie longue, voire très longue parfois pour ceux qu’ils dirigent. On se souviendra ici de Lansana Conté et d’Omar Bongo récemment disparus. On se souviendra aussi de l’ami Mandela, maintenu en vie par sa volonté de résister. Brève parenthèse commémorative, revenons à plus de futilité :

Du coup, depuis mon séjour en Guinée,  spleen latent à chaque anniversaire qui me conduisait un peu plus près chaque fois de la vieillesse.

Heureusement maintenant je vis à Singapour, patrie de la chirurgie esthétique et surtout  grâce à Manuel Vals j’ai enfin retrouvé une éternelle jeunesse… Parce que je le vaux bien ! Merci Manuel, je suivrai désormais ton brillant parcours et quand on te traitera de vieux politicard, je me teindrai les cheveux.

On trouve vraiment de tout chez Daiso

En bonne ménagère, je remplis regulièrement mon panier de la ménagère de produits de ménage. Quel poème !  Bref j’ai enfin compris ce que le concept d’adaption des grandes marques de lessivier au contexte national et leur adaptabilité aux différences culturelles voulait dire  : les photos suivantes parlent d’elles mêmes…

Lingette pour autel bouddhique

Lingette pour autel bouddhique

Voilà une idée excellente à adapter à l’environnement européen en créant la lingette de Sainte Vierge ou alors le chiffon spécial Chapelet qui essuie bien tous les interstices, à décliner dans toutes les religions, les musulmans aussi prient avec un chapelet, sans oublier les bouddhistes, les taoistes etc etc …
La photo suivante montre le souci constant de l’hygiène de nos amis japonais, qui, visiblement, ne passent pas l’aspirateur sur les tatamis mais utilisent The chiffon à tatami, et à mon avis, le geste du nettoyage du tatami s’accompagne surement d’une petite méditation, encore une manifestation de la zénitude attitude … Personnellement je peux avouer ici que, bien que je ne médite pas encore au volant de ma serpillère, j’ai remarqué qu’elle avait un effet radical sur ma mauvaise humeur, ça marche aussi avec une éponge, et dans la mesure bien sûr, où l’utilisation de ce genre d’intruments ne se renouvelle pas trop fréquemment. Finalement c’est comme le prozac ou la clope, c’est le premier coup qui est le meilleur… Bon j’arrête, photo :
Chiffon pour tatami

Chiffon pour tatami

Et pour finir avec un peu de verdure voici une merveilleuse adaptation de l’homo menagus à l’exiguité japonaise, le gazon format 30 par 30… centimètres . Je n’ai pas trouvé l’aspirateur adéquat ni la lingette à herbe synthétique, mais pas d’inquiétude, je retourne régulièrement chez Daiso et je veille aux dernières innovations de technologie ménagère… My name is Germaine, l’espionne des produits de nettoyage, la mata hari des lessiviers.
Gazon de golf japonais

Gazon de golf japonais

Problèmes de vacances

Le beau frigo

Le beau frigo

Les grandes vacances arrivant, enfin du moins les vacances scolaires, il me semblait opportun de parler de congés payés. Le sujet est bien sûr lié au monde du travail puisque comme chacun sait les régimes des congés diffèrent grandement suivant la législation du pays où l’on travaille.  La question devient cruciale lorsque Mr ou Mme l’expat en chef bénéficie des 5 semaines généreuses de son contrat français avec les Allers Retours au pays offerts et que Mr ou Mme conjoint de l’expat, que l’on appellera dans ce post  le suiveur, a eu la chance de décrocher un contrat de travail local.

Chance ou malchance ??   Analysons la situation à Singapour, un pays pris complètement au hasard, où le suiveur n’a le droit en contrat local qu’à deux misérables semaines de congés payés. Ca, c’est pas de la Frenchitude attitude…

Bien sûr le suiveur peut s’accorder quelques congés sans soldes, mais cela commence à craindre légèrement, pour parler comme un ado, quand les congés sans solde atteignent les 13 semaines, juste pour rattrapper les vacances scolaires et surveiller, même de loin, vos ados en plein délire d’autonomie.

On peut aussi ruser en posant des jours de maladie, et annoncer fièrement au chef que l’on sera victime d’une subite maladie toutes les 6 semaines, rythme moyen des congés scolaires. A moins d’avoir un mal récidivant, ce que je ne souhaite à personne, il faut avoir un certain culot. Mais vous me direz, on ne travaille pas pour les vacances, n’est ce pas, mais pour au contraire s’investir personnellement dans un projet épanouissant. 

 Alors, me suis je dit, plutôt que de chercher un travail épanouissant payé au salaire singapourien avec 2 semaines de congés, investit toi dans une activité de volontariat passionnante, histoire de trouver ta place dans ce bas monde et de ne pas trop ramolir les restes de ton cerveau bien abimé par 10 ans de tropiques. Ici à Singapour, c’est très facile, le volontariat est hautement valorisé, environnement anglo-saxon oblige …

Mais ce que je n’avais pas prévu, c’est que même en ne travaillant pas, je trouve que les vacances scolaires reviennent bien souvent… et avec elles des ventres à nourrir, un frigo pillé, et un niveau sonore en expansion quotidienne. C’est du Victor Hugo. Mais j’ai l’extrême satisfaction de  voir grandir les nains (de façon inversement proportionnelle au volume de nourriture du frigo), le sentiment d’être une parfaite épouse d’expatrié (je suis le suiveur) doublée d’un mère modèle (compte tenu des circonstances bien sûr, et surtout hors vacances scolaires) et surtout je peux découvrir à loisir la grande Asie …. Evidemment on a les problèmes que l’on mérite mais cela fait du bien de se faire quelques compliments de temps en temps. Restons zen, plus que 3 petites semaines avant les 8 semaines de congés.